Des pas vers la création de la MMF aux États Unis
La connexion, l’échange d’information, la plannification d’actions et l’organisation de la MMF ont caracterisé notre présence au Forum Social des États-Unis, qui a eu lieu à Détroit du 22 au 26 juin.
L’intense programmation commença le matin du 22, avec un essai de la “batucada”, inaugurée par le bloc de l’alliance Grassroots Global Justice. Dans la cérémonie d’inauguration on a souligné l’importance du fait que tous les mouvements et toutes les organisations participants aux processus du Forum Social Mondial intègrent la lutte contre le patriarcat dans leurs débats et pratiques de construction d’un autre monde possible. On a lancé un appel spécial d’appui à la campagne menée par les travailleuses domestiques des États Unis, qui luttent pour l’approbation de la loi qui va leur garantir des droits fondamentaux. Grâce à l’invitation de la GGJ et du Fond Mondial pour les Femmes, la MMF a participé aux débats sur la création d’un mouvement féministe antimilitariste aux États Unis et aussi à un panel de discussion sur nos résistances à la crise, qui a rassemblé plusieurs mouvements internationaux.
Le féminisme dans la lutte contre la militarisation
L’atelier « Féministes transnationales s’organisant pour la résistance contre le militarisme et l’empire », organisé le 24, a été un point de convergence entre les luttes promues par des groupes de femmes de milieux populaires et des groupes pacifistes. Pour les mouvements américains, c’est de plus en plus évident qu’il n’est pas possible de garantir du travail, des services publics et des droits fondamentaux aux citoyens sans un vaste mouvement qui défie le complexe militaro-industriel. Cette activité nous a permis d’établir le contact avec les femmes du Esperanza and Peace Justice Center, de San Antonio, une ville au sud du pays qui cohabite avec la présence de cinq bases militaires; avec le Bus Riders Union – The Labor Community Strategy Center, de Los Angeles ; avec la Coalition de Guam pour la Paix et la Justice, ainsi qu’avec le Réseau International de Femmes contre les bases militaires américaines et avec « Women for Genuine Security ».
Le débat a abordé des sujets complexes, tels que le cycle de dépendance économique créé par la présence des bases et institutions militaires dans les communautés, la stratégie de favoriser la militarisation à travers la réduction des services sociaux, qui se traduit par l’augmentation de l’enrôlement dans l’armée, un secteur de l’économie non touché par la crise, qui se présente comme une alternative de travail notamment pour les jeunes pauvres. Un autre aspect souligné a été l’escalade de la militarisation au nom de la guerre contre les drogues, les bandes criminelles ou à travers la criminalisation de la pauvreté qui créée aux États Unis la chiffre de 2,2 millions d’emprisonnés, dont 1 million sont des hommes noirs. Également, la routine imposée aux jeunes dans les lycées, qui sont obligés de passer par des détecteurs de métaux et à cohabiter avec la surveillance policière dans les salles de classe et les couloirs. À Guam, la communauté résiste aux plans d’augmentation de la présence militaire des États Unis et cherche à multiplier les liens avec des groupes du Japon et des Philippines, pour agrandir le mouvement dans la région.
Le Mouvement Social des Femmes contre la Guerre et pour la Paix (MSM), de Colombie, a présenté l’historique de la coopération militaire entre les États Unis et le gouvernement de la Colombie, qui a eu pour résultat la création d’une armée paramilitaire qui agit contre la population du pays, touchant notamment la vie des femmes, qui subissent de la violence sexuelle quotidienne et des travaux domestiques forcés, parmi d’autres conséquences. Ce scénario a poussé le MSM à organiser la Rencontre des Femmes et du Peuples des Amériques contre la Militarisation, du 16 au 23 août cette année, co-organisé et intégré par la MMF, comme partie de notre action régionale.
On a raconté comment la MMF répond à la militarisation, à travers le développement de positionnements communs et l’organisation d’actions internationales localement enracinées, tel que c’est le cas dans la Troisième Action Internationale. On a lancé un appel à nos collègues des États Unis pour assurer leur présence et leur solidarité pendant les moments de notre action en Colombie et l’acte de clôture dans la République Démocratique du Congo (du 13 au 17 octobre cette anné).
En route vers un chapitre américain de la MMF
Les nombreuses conversations sur la MMF menées pendant le FS états-unien ont eu pour résultat des propositions telles que: mener des actions de solidarité en août et octobre, identifier des organisations de milieux populaires qui aient les femmes comme protagonistes et convoquer une réunion pour discuter de l’établissement d’une coordination nationale, ainsi que continuer l’échange d’information et d'analyses sur nos champs d’action. Approfondir les liens établis et faire le suivi de ce plan d’action sont aussi des défis qui nous motivent !


